Quel est le rôle d’e-santé Occitanie dans l’écosystème régional ?
Julie Durand : En tant que GRADeS (Groupement régional d’appui au développement de la e-santé), e-santé Occitanie est l’un des 17 groupements régionaux chargés de mettre en œuvre la stratégie régionale du numérique en santé. À ce titre, il agit comme opérateur de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, en déployant les projets numériques inscrits dans le projet régional de santé. Ses missions s’articulent autour de deux volets complémentaires. D’une part, des activités techniques classiques : gestion de services numériques régionaux, pilotage des éditeurs, exploitation et support. D’autre part, un rôle essentiel d’accompagnement des acteurs de terrain. Dans une région de 6 millions d’habitants, comptant plus de 300 établissements sanitaires et 4 000 structures médico-sociales, le GRADeS soutient les professionnels dans l’appropriation et l’usage des services numériques nationaux et régionaux, avec une forte logique de proximité.
Quelles sont vos priorités stratégiques actuelles ?
Le GRADeS s’appuie sur un cadre stratégique défini avec l’ARS pour la période 2024-2028, structuré autour de trois axes : développer les usages numériques au service des parcours de santé, améliorer la performance du groupement, et consolider les fondamentaux – interopérabilité, sécurité, convergence nationale. La cybersécurité constitue une priorité majeure, avec un accompagnement renforcé pour aider les établissements à monter en maturité et à accéder aux dispositifs nationaux d’accompagnement financier. Plus largement, ces orientations se déclinent en programmes opérationnels couvrant l’ensemble des enjeux du numérique en santé.
Quels projets structurants menez-vous aujourd’hui ?
Parmi les projets majeurs, le déploiement des services socles nationaux demeure central, notamment autour de la sécurisation de l’identité numérique des professionnels de santé, qui nécessite un accompagnement spécifique. La région est également pilote pour la transition vers le Répertoire de l’offre et des ressources (ROR) national, impliquant un important travail de fiabilisation des données. D’autres initiatives portent sur le renouvellement de la plateforme régionale de télémédecine d’urgence et transfert d’imagerie (notamment pour les AVC) et l’évolution de ViaTrajectoire, avec de nouveaux modules dédiés à la santé mentale et à l’orientation vers le domicile.
Pourriez-vous nous détailler le basculement vers le ROR national ?
L’Occitanie figure parmi les deux régions pilotes pour la mise en œuvre du ROR national, l’outil étant actuellement régional. Conduite en collaboration avec l’ANS, cette transition, préparée de longue date, a nécessité un travail approfondi de fiabilisation et de mise en qualité des données afin d’en garantir la reprise dans le futur référentiel. La bascule s’effectuera en deux temps, après une phase de tests, avec un déploiement prévu à l’été. Pour les établissements, l’évolution sera progressive. Ils continueront à décrire leur offre, mais via une nouvelle interface nationale. Un accompagnement est prévu pour faciliter cette transition, qui devrait in fine améliorer l’expérience utilisateur et moderniser un outil jusqu’ici peu évolutif.
Plus généralement, comment accompagnez-vous les établissements dans le déploiement des services numériques nationaux ?
Le GRADeS s’appuie sur une organisation combinant réponse à la demande et actions proactives. Un point d’entrée territorial permet d’orienter les structures vers les expertises adaptées. En parallèle, des campagnes ciblées sont menées en fonction des priorités régionales, par exemple sur la cybersécurité ou certains outils métiers. L’accompagnement peut ainsi être initié à la demande des établissements ou directement par le groupement, selon les enjeux identifiés, afin de favoriser une adoption effective et cohérente des services.
Favorisez-vous les échanges entre établissements ?
Oui, l’animation de communautés de pratiques constitue une mission à part entière. Le GRADeS organise des espaces de partage, notamment en cybersécurité, ainsi que des formations et événements régionaux intégrant des retours d’expérience. Des communautés existent également autour de thématiques comme l’identitovigilance ou la télésanté, souvent sous forme de webinaires. L’objectif est de valoriser les bonnes pratiques, d’identifier les facteurs de réussite et de lever les freins, dans une logique d’intérêt général indépendante des solutions techniques.
De quelle manière travaillez-vous avec les acteurs territoriaux pour garantir l’interopérabilité et la continuité des parcours de soins à l’échelle régionale ?
Le GRADeS distingue plusieurs niveaux de parcours de santé. Les parcours complexes s’appuient sur SPICO, un outil régional de coordination permettant le partage d’informations entre professionnels. Des parcours spécifiques sont également développés avec certaines filières, comme la cancérologie, le diabète ou les troubles du neurodéveloppement. Enfin, les parcours plus courants reposent, en premier lieu, sur les services socles nationaux (DMP, MSSanté…), indispensables pour fluidifier les échanges. L’interopérabilité entre ces outils garantit une continuité entre orientation et coordination des soins.
Quels sont aujourd’hui les principaux défis rencontrés par les établissements dans le déploiement du numérique en santé ?
Trois défis majeurs se dégagent. Le premier concerne la cybersécurité, qui implique un véritable changement culturel dans un secteur historiquement orienté vers l’ouverture à l’autre. Le deuxième est organisationnel : un projet numérique est avant tout un projet de transformation, qui doit être anticipé et structuré. Enfin, la conduite du changement reste un enjeu majeur, dans un contexte où les professionnels manquent de temps et ne sont pas toujours formés aux enjeux numériques. Ces défis sont communs à l’ensemble des territoires, même si leur intensité varie selon les structures.
Ces enjeux ne sont donc pas uniquement techniques…
Bien au contraire ! Ils sont avant tout humains et organisationnels. Les solutions techniques existent et sont nombreuses. Le véritable défi réside dans leur appropriation, dans l’évolution des pratiques et dans la transformation des organisations.Le numérique en santé constitue ainsi un levier majeur de transformation du système de soins, bien au-delà de la seule dimension technologique.
> Article paru dans Hospitalia #73, édition de mai 2026, à lire ici
Julie Durand : En tant que GRADeS (Groupement régional d’appui au développement de la e-santé), e-santé Occitanie est l’un des 17 groupements régionaux chargés de mettre en œuvre la stratégie régionale du numérique en santé. À ce titre, il agit comme opérateur de l’Agence régionale de santé (ARS) Occitanie, en déployant les projets numériques inscrits dans le projet régional de santé. Ses missions s’articulent autour de deux volets complémentaires. D’une part, des activités techniques classiques : gestion de services numériques régionaux, pilotage des éditeurs, exploitation et support. D’autre part, un rôle essentiel d’accompagnement des acteurs de terrain. Dans une région de 6 millions d’habitants, comptant plus de 300 établissements sanitaires et 4 000 structures médico-sociales, le GRADeS soutient les professionnels dans l’appropriation et l’usage des services numériques nationaux et régionaux, avec une forte logique de proximité.
Quelles sont vos priorités stratégiques actuelles ?
Le GRADeS s’appuie sur un cadre stratégique défini avec l’ARS pour la période 2024-2028, structuré autour de trois axes : développer les usages numériques au service des parcours de santé, améliorer la performance du groupement, et consolider les fondamentaux – interopérabilité, sécurité, convergence nationale. La cybersécurité constitue une priorité majeure, avec un accompagnement renforcé pour aider les établissements à monter en maturité et à accéder aux dispositifs nationaux d’accompagnement financier. Plus largement, ces orientations se déclinent en programmes opérationnels couvrant l’ensemble des enjeux du numérique en santé.
Quels projets structurants menez-vous aujourd’hui ?
Parmi les projets majeurs, le déploiement des services socles nationaux demeure central, notamment autour de la sécurisation de l’identité numérique des professionnels de santé, qui nécessite un accompagnement spécifique. La région est également pilote pour la transition vers le Répertoire de l’offre et des ressources (ROR) national, impliquant un important travail de fiabilisation des données. D’autres initiatives portent sur le renouvellement de la plateforme régionale de télémédecine d’urgence et transfert d’imagerie (notamment pour les AVC) et l’évolution de ViaTrajectoire, avec de nouveaux modules dédiés à la santé mentale et à l’orientation vers le domicile.
Pourriez-vous nous détailler le basculement vers le ROR national ?
L’Occitanie figure parmi les deux régions pilotes pour la mise en œuvre du ROR national, l’outil étant actuellement régional. Conduite en collaboration avec l’ANS, cette transition, préparée de longue date, a nécessité un travail approfondi de fiabilisation et de mise en qualité des données afin d’en garantir la reprise dans le futur référentiel. La bascule s’effectuera en deux temps, après une phase de tests, avec un déploiement prévu à l’été. Pour les établissements, l’évolution sera progressive. Ils continueront à décrire leur offre, mais via une nouvelle interface nationale. Un accompagnement est prévu pour faciliter cette transition, qui devrait in fine améliorer l’expérience utilisateur et moderniser un outil jusqu’ici peu évolutif.
Plus généralement, comment accompagnez-vous les établissements dans le déploiement des services numériques nationaux ?
Le GRADeS s’appuie sur une organisation combinant réponse à la demande et actions proactives. Un point d’entrée territorial permet d’orienter les structures vers les expertises adaptées. En parallèle, des campagnes ciblées sont menées en fonction des priorités régionales, par exemple sur la cybersécurité ou certains outils métiers. L’accompagnement peut ainsi être initié à la demande des établissements ou directement par le groupement, selon les enjeux identifiés, afin de favoriser une adoption effective et cohérente des services.
Favorisez-vous les échanges entre établissements ?
Oui, l’animation de communautés de pratiques constitue une mission à part entière. Le GRADeS organise des espaces de partage, notamment en cybersécurité, ainsi que des formations et événements régionaux intégrant des retours d’expérience. Des communautés existent également autour de thématiques comme l’identitovigilance ou la télésanté, souvent sous forme de webinaires. L’objectif est de valoriser les bonnes pratiques, d’identifier les facteurs de réussite et de lever les freins, dans une logique d’intérêt général indépendante des solutions techniques.
De quelle manière travaillez-vous avec les acteurs territoriaux pour garantir l’interopérabilité et la continuité des parcours de soins à l’échelle régionale ?
Le GRADeS distingue plusieurs niveaux de parcours de santé. Les parcours complexes s’appuient sur SPICO, un outil régional de coordination permettant le partage d’informations entre professionnels. Des parcours spécifiques sont également développés avec certaines filières, comme la cancérologie, le diabète ou les troubles du neurodéveloppement. Enfin, les parcours plus courants reposent, en premier lieu, sur les services socles nationaux (DMP, MSSanté…), indispensables pour fluidifier les échanges. L’interopérabilité entre ces outils garantit une continuité entre orientation et coordination des soins.
Quels sont aujourd’hui les principaux défis rencontrés par les établissements dans le déploiement du numérique en santé ?
Trois défis majeurs se dégagent. Le premier concerne la cybersécurité, qui implique un véritable changement culturel dans un secteur historiquement orienté vers l’ouverture à l’autre. Le deuxième est organisationnel : un projet numérique est avant tout un projet de transformation, qui doit être anticipé et structuré. Enfin, la conduite du changement reste un enjeu majeur, dans un contexte où les professionnels manquent de temps et ne sont pas toujours formés aux enjeux numériques. Ces défis sont communs à l’ensemble des territoires, même si leur intensité varie selon les structures.
Ces enjeux ne sont donc pas uniquement techniques…
Bien au contraire ! Ils sont avant tout humains et organisationnels. Les solutions techniques existent et sont nombreuses. Le véritable défi réside dans leur appropriation, dans l’évolution des pratiques et dans la transformation des organisations.Le numérique en santé constitue ainsi un levier majeur de transformation du système de soins, bien au-delà de la seule dimension technologique.
> Article paru dans Hospitalia #73, édition de mai 2026, à lire ici






